Une rétrospective sur mes années de pratique ainsi que de précieux avis et conseils m’ont servi à mettre des mots sur l’acte (pratique, hygiène et technique) et de rédiger cette transcription vulgarisée sur l’Art Intradermique : Le Guide du Tatouage.

Pour répondre aux questions généralistes, guider le néophyte à travers la pratique du tatouage et diriger le professionnel  vers une démarche qualité…

1972… Mon tout premier tatouage réalisé sur un ami tatoueur… Période noire pour l’art intradermique, le matériel ne se trouvait qu’au USA, on fabriquait les encres avec des pigments broyés des mois à l’avance, les aiguilles servaient pour plusieurs candidats aux tatouages, on les trempait directement dans les pots d’encres, on nettoyait la peau avec une éponge trempée dans un seau d’eau et les consignes de cicatrisation se résumaient à une application fréquente d’eau froide pour « raffermir » les chairs… Et malgré la méconnaissance générale sur la prophylaxie, inhérente de cette époque, peu de cas d’infections avérés.

La réalisation d’un tatouage a évolué, les tatoueurs ont su adapter leur pratique aux normes d’hygiène, souvent calquées sur les normes hospitalières, d’autant plus que la réalisation d’un tatouage est similaire à un acte à risque infectieux potentiel, au même titre qu’un bilan sanguin ou la pose d’une perfusion, ni plus ni moins.

Ce n’est que depuis Avril 2008, qu’un décret d’application légifère la pratique du tatouage, mais la profession de « Tatoueur » n’existe toujours pas en 2016… ce qui laisse un « flou artistique » aussi bien pour les candidats au tatouage que pour les professionnels…

Un processus continu d’amélioration de la part du professionnel est primordial. L’objectif est de développer une réflexion permanente sur l’organisation et ses pratiques, dans un souci d’optimisation constante pour la réalisation du tatouage.
Cette démarche qualité nous a amené aujourd’hui à l’emploi de matériel à usage unique stérile et d’encre en conformité sanitaire. Mais nous ne devons pas pour autant oublier une rigueur gestuelle essentielle à la réalisation d’un tatouage.

L’art du tatouage s’est toujours transmis oralement, les écoles n’existent pas. Nous avons donc une énorme responsabilité quant à ce que nous transmettons à nos disciples.

Depuis 2015 une norme CEN (europe) se met en place sur « l’hygiène dans la pratique du tatouage », Made in Tattoo est bien entendu partie prenante au sein de la commission nationale AFNOR.

Pour la promotion et le développement de l’art corporel.

 

Quelle est la différence entre un tatoué et une personne qui ne l’est pas ?

Le tatoué ne lui fera jamais le reproche de ne pas l’être !

VÛ Cuong
VÛ CuongArtiste-Tatoueur depuis 1972
Membre expert de la commission nationale AFNOR