Le brevet de la première machine à tatouer électrique a été déposé en 1877 au USA par Thomas A. Edison, par la suite Samuel O’Reilly y a apporté quelques modifications, le concept de cette machine est toujours le même de nos jours.

Il y a 2 sortes de machines, différentes par leur fonctionnement :

  • La rotative : le faisceau d’aiguilles est monté sur un axe rotatif ; machine plus silencieuse mais pas du tout précise, ne possède aucun réglage sur la vitesse et la puissance ; est surtout utilisé par les esthéticiennes
  • La vibrante : le faisceau d’aiguilles est monté sur un axe à débattement qui monte et descend ; avec ses multiples réglages elle est la préférée des tatoueurs qui peuvent l’adapter à leurs besoins (vitesse d’exécution, tracé, ombrage, remplissage…)

Le principe de fonctionnement d’une machine à tatouer est un mouvement de va et vient qui fait monter et descendre des aiguilles qui entrent par effraction dans la peau et y déposent de l’encre (tel une machine à coudre dont la mise en fonction se fait aussi via une pédale). Son poids avoisine les 500g toute équipée et  elle fonctionne sur un courant continu de 6 à 12 volts pour une vitesse de 80 à 180 battements/seconde. Cette rapidité permet une plus grande précision ainsi qu’une plus grande vitesse d’exécution, on peut y adapter de 3 à 45 aiguilles (montées sur tige) en même temps… plus ça va vite… moins ça fait mal… longtemps !

Pour les différents réglages qu’il a prédéfini selon l’usage qu’il lui destine :

  • 1 traceuse : nerveuse et rapide
  • 1 ombreuse : plus souple et plus lente
  • 1 remplisseuse : plus puissante (+ d’aiguilles à entraîner) et +- rapide

Le concept de ces machines est le même ce qui diffère :

  • la puissance du « moteur » (bobines) de 6 à 14 Wraps (tours de fils de cuivre)
  • le condensateur : sa capacité à réguler le courant
  • la masselotte : + légère= + rapide ; + lourde= + puissance
  • l’épaisseur et la tension des ressorts

Tous ces paramètres permettent de multiples combinaisons de réglage que chacun peaufine selon son propre feeling et sa vitesse d’exécution…

→ « Vulgarisation sur la technique du tatouage »  page 55

Les élastiques servent à maintenir le faisceau plaqué contre la buse, pour éviter le débattement latéral ; car la tige est reliée à la machine que par le téton de la masselotte.

→ « Vulgarisation sur la technique du tatouage »  page. 55

L’hygiène du studio et de son environnement doit être impérativement respectée. Il faut pour cela :

  • que le poste de travail soit à l’abri du vent pour limiter tout apport de contaminants extérieur
  • que l’application du principe de bio nettoyage soit de rigueur sur le plan de travail, sur le fauteuil et le sol

Le principe de bio nettoyage : c’est réduire de façon  temporaire la contamination des surfaces avec un produit détergent et un désinfectant ou un détergent/désinfectant ; veillez au temps de pose.

L’utilisation de matériel à usage unique est la seule prophylaxie : aiguilles, capsule pour l’encre, gants, essuie-tout, sachet et films plastique, rasoirs.

L’évolution du matériel jetable à usage unique et stérile permet depuis peu de trouver : des aiguilles pré soudées, des buses et des manchons en plastique ou téflon.

Le matériel recyclable (tiges, buses, manchons) est  nettoyé, pré désinfecté, emballé hermétiquement,  puis stérilisé par autoclavage, l’agent stérilisant étant la vapeur d’eau, la norme actuelle est une vapeur saturée de 134° à 2,1 Bars  pendant une durée de 18 mn, l’autoclave doit être à la norme Afnor : NF EN 13060 et subir une série de test de bon fonctionnement avant toute utilisation.

Le matériel recyclable (notamment le matériel de tatouage traditionnel thermosensible) est nettoyé, pré désinfecté puis désinfecté dans le liquide approprié selon la notice du fabricant.

Cette méthode est appelée à tort « stérilisation à froid ».

Contrairement à des idées reçues, les aiguilles ne sont pas creuses… ce n’est pas une injection !

Les aiguilles sont pleines, en acier chirurgical inoxydable dont le diamètre va de 0,25 à 0,45 mm ; elles sont soudées sur une tige soit en rond, soit en peigne ou en double peigne superposé/décalé appelé » magnum ». Pour éviter d’avoir des interstices, elles se montent toujours en chiffre impair, l’ensemble s’appelle un « faisceau ».

En  général il y a 2 types d’aiguilles :

  • pour le tracé : la pointe est très effilée, affûtage long ( long taper)
  • pour l’ombrage/remplissage : la pointe est plus en forme d’ogive, affûtage court ( short taper )

Chaque artiste-tatoueur a ses petites préférences et habitudes…

Les aiguilles  doivent toujours être neuves, donc à usage unique et stérilisées. Si un studio n’applique pas cette « obligation »… Partez en courant !

Un tatoueur consciencieux désolidarisera les aiguilles de la tige devant vous, vous permettant ainsi de voir l’aspect de cet « outil de torture »… et les jettera dans le collecteur prévu à cet effet.

En général pour réaliser un tatouage, il faut un faisceau :

  • pour le tracé : 3, 5 ou 7 aiguilles
  • pour le remplissage/ombrage : 5, 7, 9, 11, 14, 21 ou 45 aiguilles

Comme la différence entre un feutre et un marqueur, un pinceau et un rouleau…

Il s’avère parfois nécessaire de changer de « faisceau » pour la réalisation d’un « grand » tatouage car les aiguilles finissent par s’user et s’émousser, par le nombre de perforation du cuir humain…

Si vous voulez calculer le nombre de fois où les aiguilles pénètrent  la peau…

Par exemple : pour un petit tattoo d’une heure…

  • 20 mns pour le tracé à +- 140 pulsations/seconde = ……
  • 40 mns pour le remplissage à +- 120 pulsations/seconde = ……

Et si vous multipliez par le nombre d’aiguilles cela vous donnera le nombre de « trous »  effectué :

  • …… X 3 aiguilles pour le tracé  = ……
  • …… X 7 aiguilles pour le remplissage = ……

Le total vous donne le nombre de « piqûres » pour la réalisation de votre tatouage…

Bon calcul…

Les aiguilles soudées en rond, permettent d’avoir :

  • de 3 à 7 aiguilles en long taper, un tracé bien linéaire
  • de 7 à 21 aiguilles en short taper, un remplissage ou un ombrage bien régulier

Les aiguilles montées en peigne ne sont quasiment plus utilisées, on leur préfère le double peigne superposé voir en décalé: le « magnum ».

Ce montage permet d’avoir une surface de pique plus importante, donc une réalisation plus rapide, avec de plus beaux aplats ou dégradés.

 De plus l’utilisation du « magnum » sur la tranche permet d’accéder aux endroits inaccessibles avec un faisceau rond au même nombre d’aiguilles.

Néanmoins l’utilisation d’un « magnum » s’avère plus délicat, du fait qu’il faille garder le faisceau bien parallèle à la peau afin d’éviter de « déchirer » celle-ci ou d’avoir un trait trop marqué dans un ombrage. Le « magnum » se monte de 5 à 45 aiguilles.

La profondeur de pique varie de 0,1mm à +1cm, selon l’endroit où on  tatoue, de la personne à tatouer et…  du tatoueur…