LE TATOUAGE

1.  Qu’est-ce que le tatouage ?

Le tatouage, c’est l’introduction d’encre ou de pigment dans la peau, afin de définir des motifs indélébiles, visibles par la transparence de la peau.

Son étymologie viendrait de Polynésie, d’où James Cook rapporta que les autochtones avaient une pratique d’ornements corporels : le « Tatau » (anglisé Tattoo) qui signifie : taper, frapper.

Dans le jargon des tatoueurs, on  emploie encore le terme de « taper » pour la réalisation d’un tatouage….enfin les anciens… les jeunes disent plutôt « piquer »….

 

 

2.  Depuis quand cela se pratique t-il ? Et d’où vient-il ?

La datation et l’origine de cette pratique ne sont pas exactement définies, on a retrouvé en Mongolie, dans la glace un homme portant des tatouages, il serait le plus vieux tatoué… + de 5300 ans Av .J.C….. Mais la pratique est répandu: en Sibérie, en Afrique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe, en Polynésie depuis 3000 ans, en Asie depuis 5000 ans Av J.C….

 

 

3.  Pourquoi le tatouage ?

-    le tatouage était dans quelques ethnies réservé à une certaine caste

-    il pouvait être empreint de vertus médicales

-    c’était fréquemment un rite initiatique de passage de l’enfance à l’âge adulte

-    il servait de protection par des motifs codifiés

-    il servait de « carte d’identité » par ses motifs emblématiques et endémiques, une appartenance à une communauté

 

Alors… le tatouage….phénomène… de….mode …???

Ou…. le Tatouage…perpétuation d’une démarche millénaire !!!

 

 

4.  Pourquoi le tatouage est-il un art marginal en occident ?

 Cet art millénaire a été interdit par le pape Adrien 1er en 789 ap JC, et marginalisé par l’église chrétienne à travers le monde via ses missionnaires, comme en Polynésie française où il a été interdit dans les années 1766.

 

 

 

5.  Depuis quand a-t-on redécouvert le tatouage en occident ?

 

C’est en 1760 à la découverte de la Polynésie, que des marins ont ramenés en Europe la pratique du tatouage, la pratique confidentielle s’est développée à l’encontre de « l’ordre établi » à travers les aventuriers, marins, garçons et filles de mauvaises vies…jusqu’à toucher différentes couches sociales, ainsi des têtes couronnées comme Edouard VII et le Tsar Nicolas en ont été des fervents adeptes.

En 1860 le tatouage a été interdit en France pour des raisons sanitaires méconnues, et ce n’est qu’en 1960 que s’ouvre à Paris le 1er salon de tatouage professionnel (encore en activité).

 

 

 

 

6.  Où en est le tatouage occidental de nos jours ?

 De nos jours le tatouage s’est démocratisé. Après un effet de mode vers la fin des années 1990, le tatouage est devenu un phénomène de société par le nombre de personnes tatouées et la prolifération des studios de tatouage, touchant toutes les couches sociales et toutes les tranches d’âges.

 

 

7.  Le tatouage, de l’art ?

Le tatouage n’est de nos jours toujours pas reconnu comme un art à part entière… pourtant sa réalisation demande malgré tout une certaine qualité artistique !!!

La « maison des artistes » à Paris ne reconnaît pas les tatoueurs comme artistes, prétextant que la peau ne peut être considérer comme un support artistique… alors que considère t-on de plus noble que le corps humain ? Un papier Velin, une toile, un meuble, un mur de béton  ????…….

 

Le tatouage, art du peuple ????

Le tatouage, art marginal ???

 

 

8.  La propriété intellectuelle du tatouage ?

La législation concernant la propriété intellectuelle d’une oeuvre considère que « l’artiste » en est toujours le propriétaire, et en tant que créateur/auteur il peut à tout moment et à sa convenance y apporter les modifications qu’il désire…..

Ceci dit, je ne vois pas un artiste-tatoueur modifier son œuvre à posteriori, surtout en considérant le fait qu’un tatouage est réalisé surtout pour le tatoué…..

Néanmoins ….une anecdote circule dans la profession : un chanteur très connu aurait utilisé l’image de son tattoo pour la pochette de son disque, l’affiche de sa tournée et sa promotion ; sans l’autorisation du tatoueur…. Celui-ci l’a traduit en justice dans le cadre de la propriété intellectuelle…a gagné son procès….. et depuis coulerait des jours heureux sous les cocotiers….

 

 

 

9.  Comment se fait un tatouage ?

Il existe plusieurs méthodes traditionnelles pour réaliser un tatouage, les plus connues :

-  chez les Inuits, c’est une aiguille en os équipée d’un fil enduit de suie qui est passée dans la peau

-  au Japon, c’est un morceau de bambou effilé, trempé dans de l’encre, qui est ensuite piqué dans la peau suivi d’un mouvement de soulèvement

-  en Thaïlande, c’est un morceau de bambou muni d’aiguilles, trempé dans de l’encre, qui est projeté dans la peau comme une lancette (elle mesure environ 1mètre)

-  en Birmanie, en Afrique du Nord , en Europe et dans beaucoup d’autres ethnies, ce sont des aiguilles ou des épines fixées sur un corps solides tel un stylet, trempé dans de l’encre, qui arrache ou pique  la peau

-  en Polynésie, ce sont des dents de cochons sauvages ou de requins taillés en petits peignes, fixés sur un manche, trempés dans une décoction à base de plantes brûlées, et ensuite frappés par un maillet

De nos jours, l’utilisation d’une machine électrique est beaucoup plus répandue, bien que certaines pratiques ancestrales perdurent comme en Polynésie, Thaïlande, Japon.

 

 

 

 

10.  La peau :

Rappelons l’organisation de la peau de l’intérieur vers l’extérieur :

-  l’hypoderme (couche graisseuse servant à l’équilibre climatique)

-  le derme constitué de fibroblaste servant à régénérer l’épiderme et donnant l’élasticité de la peau

-  l’épiderme servant de barrière aux agressions externes, est composé :

-  lamelle basale → jonction dermo-épidermique

-  couche basale

-  couche épineuse

-  couche granuleuse

-  couche claire → seulement dans les épidermes épais

-  couche cornée

Selon l’individu (standard à 174 cm) la peau a un poids de +-3 kg pour une surface de +- 2 m2 …

D’où le dilemme pour trouver le bon emplacement pour son tattoo ???

 

 

11.  Où va l’encre ? ou comment tient un tatouage ?

Aucune étude scientifique n’a été faite…. Donc aucune affirmation ne peut être apportée…..

Par expérience, je constate que :

-   l’épiderme, à  cause de son renouvellement fréquent, ne peut contenir l’encre : le tatouage s’estompant au fil du temps

-   l’hypoderme, du fait de sa constitution graisseuse, ne peut maintenir l’encre : tatouage au tracé baveux

-   l’encre serait donc maintenue dans le derme

On entend/lit parfois que l’encre est prisonnière des cellules…. Ce qui me semble aberrant… car l’encre serait donc phagocytée… et les cellules macrophages se chargeraient de son élimination via la lymphe par les capillaires et rejeter par exsudation….

Par déduction, je pense que l’encre est prise dans l’espace interstitiel des cellules où sa molécule serait trop importante pour être évacuée par le liquide lymphatique. Le relâchement des cellules avec le vieillissement va favoriser l’épaississement des traits du tatouage.

Il y a environ 3 millions de cellules au cm2 de peau qui est composée de 3 couches : l’épiderme (la plus externe), le derme et  l’hypoderme.

 

 

 

 

12.  Quels sont les risques liés à la pratique du tatouage ???

Les risques principaux sont des infections (microbiennes, bactériennes) et des transmissions de virus : HIV, hépatite (B ou C) pour ne citer que les plus connus.

Le tatouage est un acte à  risque infectieux potentiel au même titre que tout soin invasif : pose d’une perfusion ou réalisation d’un bilan sanguin par exemple…ni plus ni moins….

 

 

13.  Le tatouage, un risque infectieux ?

La réalisation d’un tatouage est un acte à risque infectieux potentiel. Une simple application de la législation des soins infirmiers adaptée pour les tatoueurs est réaliste, nécessaire, suffisante, et logique au risque encouru.

La réalisation d’un tatouage n’est pas assimilable à un acte chirurgical pour lequel les mesures d’asepsie à appliquer sont draconiennes, elles sont inadaptées à la pratique du tatouage.

 

 

 

 

14.  Quelle législation pour la pratique du tatouage?

 

Le décret n° 2008-149 du 19 février 2008 a inséré dans le code de la santé publique des dispositions qui réglementent la mise en œuvre des techniques de tatouage par effraction cutanée, y compris de maquillage permanent et de perçage corporel (articles R.1311-1 à R.1311-13 et R.1312-9 à R.1312-13 du code de la santé publique).

Il comporte:

  • des dispositions sur le tatouage et le perçage corporel sans pistolet ;
  • des dispositions spécifiques pour le perçage du pavillon de l’oreille et de l’aile du nez lorsqu’il est réalisé par la technique du pistolet perce-oreille ;
  • des dispositions communes à l’ensemble des techniques.

Les règles relatives aux produits et matériaux utilisés

Ces règles concernent essentiellement la fabrication, le conditionnement et l’importation des encres et des tiges de perçage.

Les produits de tatouage définis par la loi comme « toute substance ou préparation colorante destinée, par effraction cutanée, à créer une marque sur les parties superficielles du corps humain à l’exception des produits qui sont des dispositifs médicaux » sont régis par les articles L.513-10-3 et suivants du code de la santé publique.

Ledécret n° 2008-210 du 3 mars 2008 a précisé ces règles et a instauré un système national de vigilance des produits de tatouage.

Un tatouage ne peut être réalisé qu’avec des produits de tatouage respectant ces dispositions (article R.1311-10 du code de la santé publique).

La déclaration des activités de tatouage, de maquillage permanent et de perçage

L’article R.1311-2 du code de la santé publique prévoit que les professionnels déclarent leur activité au représentant de l’Etat dans le département dans des conditions prévues par arrêté.

L’arrêté du 23 décembre 2008 fixe les modalités de déclaration des activités de tatouage par effraction cutanée, y compris de maquillage permanent, et de perçage corporel

Dans le cas d’activités permanentes, le déclarant (« la personne physique qui met en œuvre la ou les techniques ») doit effectuer une déclaration préalablement au démarrage de l’activité, au préfet du département du lieu principal dans lequel cette activité sera exercée.

Les activités en cours devront être déclarées avant le 7 janvier 2010 (article 2-I du décret n°2008-149).

Le dossier de déclaration contient :

  • Les nom et prénom du déclarant ;
  • L’adresse du ou des lieux d’exercice de l’activité ;
  • L’indication de la nature de la ou des techniques mises en œuvre ;
  • L’attestation de formation ou le titre accepté en équivalence (pièce à communiquer avant le 26 décembre 2011).

La cessation de l’activité est déclarée au préfet du département dans lequel cette activité était exercée au moins quinze jours avant cette cessation d’activité.

Le transfert d’une activité sur un autre emplacement nécessite une nouvelle déclaration.

Pour la mise en œuvre d’activités de tatouage et de percage sur un lieu pour une durée n’excédant pas cinq jours ouvrés (par exemple, lors de rassemblements et manifestations dans des salons et foires), le déclarant (« l’exploitant ou le propriétaire des lieux dans lesquels la ou les techniques sont mises en œuvre ou la personne physique mettant en oeuvre la ou les techniques ou, le cas échéant, l’organisateur de la manifestation ») effectue la déclaration auprès du préfet du département du lieu de mise en oeuvre de l’activité, en mentionnant notamment le lieu et les dates de mise en oeuvre des techniques.

Le dossier de déclaration contient :

  • Les nom, prénom et qualité du déclarant ;
  • L’adresse du ou des lieux de mise en oeuvre de l’activité ;
  • La ou les dates de mise en oeuvre de la ou des techniques ;
  • L’indication de la nature de la ou des techniques mises en oeuvre ;
  • Les nom et prénom des personnes .
  • Une attestation sur l’honneur que les personnes physiques mettant en oeuvre les techniques respecte les conditions posées par l’arrêté du 12 décembre sur la formation (infra).

La formation des professionnels

L’article R.1311-3 du code de la santé publique soumet la mise en œuvre des techniques à une formation préalable aux règles d’hygiène et de salubrité.

L’arrêté du 12 décembre 2008 fixe, en application de l’article R.1311-3 du code de la santé publique, trois éléments :

  • le contenu de la formation des professionnels du tatouage et du perçage aux règles d’hygiène et de salubrité ;
  • les conditions d’habilitation, par le préfet de région, des organismes formateurs à dispenser cette formation ;
  • la nature des diplômes acceptés en équivalence.

    L’arrêté du 12 décembre 2008

L’article 1er prévoit la durée minimale de la formation et renvoie à l’annexe de l’arrêté pour le contenu pédagogique de celle-ci.

L’article 2 précise les modalités de délivrance aux professionnels concernés de l’attestation de formation. Cet article prévoit aussi que l’organisme de formation transmet chaque année au préfet de région la liste des personnes auxquelles des attestations de formation ont été délivrées…

L’article 3 indique les modalités de dépôt, auprès du préfet de région, d’une demande d’habilitation à dispenser la formation. Parmi les pièces du dossier, figure notamment le numéro d’enregistrement de l’activité de formation(article R.6351-1 du code du travail).

Les articles 4 et 5 énoncent les conditions d’habilitation de l’organisme de formation et les engagements de celui-ci (notamment s’assurer de la présence régulière des personnes formées).

Les articles 6 et 7 précisent les modalités d’instruction des demandes d’habilitation par le préfet ainsi que les conditions au retrait de l’habilitation.

L’article 8 indique les diplômes qui dispensent de la formation (doctorat d’Etat en médecine ou DU d’hygiène hospitalière) ainsi que les titres de formation reconnus comme équivalent dans l’Union européenne (Directive 2005/36/CE).

L’article 9 prévoit une transmission annuelle par le préfet au ministre chargé de la santé de la liste des organismes de formation habilités avec l’indication du nombre de personnes formées pour l’année écoulée.

 

 

 

15.  La qualité d’un tatouage ?

En dehors des critères esthétiques qui restent subjectifs…

La « qualité » d’un tatouage se définit par  un tracé bien net, des couleurs bien  denses et des ombrages bien dégradés, et …. son inaltérabilité.

La définition d’un tatouage est semblable à celle d’une image numérique et de son  nombre de pixels:

-  plus il y a de points d’aiguilles plus le tracé est net

-  plus les points sont rapprochés = un aplat de couleur

-  plus les points sont plus dispersés =  un dégradé ou un ombrage.

Un tatouage de qualité vieillira bien, les traits seront toujours nets même s’ils « s’épatent » un peu avec le temps. Il se « patinera » au bout de quelques mois : la couleur sera moins vive du fait de la reconstruction de l’épiderme, à travers de laquelle on voit par transparence l’encre déposée. Le tatouage fera partie intégrante de vous.

 

 

 

16.  Un tatouage réussi  ou raté ?

Selon mes critères, un tatouage mal placé est un tatouage raté, même si techniquement il n’a aucun défaut…. Il doit être en osmose avec le corps, la morphologie, jouer avec la musculature. Il doit être en soi… pas sur soi… comme une décalcomanie posé n’importe où…

Un tatouage réussi, c’est celui dont l’œil s’habitue, l’intègre jusqu’à ne plus le voir….

Un tatouage réussi met le corps en valeur, autant que le corps doit mettre en valeur le tatouage, tel un bijou !!!!

 

 

 

17.  Comment  réussir son tatouage ?

Réussir son tatouage c’est :

-  s’assurer de sa motivation

-  assumer ce choix : douleur, regard des autres

-  avoir le bon motif : style, taille, couleur, représentation…

-  réfléchir à l’emplacement, à d’éventuelle répercussion d’ordre professionnel ou social

-  rechercher  SON  tatoueur et respecter ses consignes

 

Pour réussir un tatouage, c’est aussi la séance de réalisation :

-  Je n’ai pas peur mais …

-  Aïe.. çà fait mal …

-  houps… désolé

-  je ne bougerais plus

-  Oui, oui… je respire…

-  Zen….

-  je le veux !!!

- Eh… ça fait du bien votre produit… je peux en ravoir du « pschitt-pschitt » ????

-  Oui, oui… je respire… Zen….

-  Ouf ..  çà fait du bien quand c’est fini  …

-  même pas mal … quoique je ne le ferais pas tous les jours….

-  Mais  c’est plus beau que sur le papier !

-  il est … Magnifique !!!

-  Merci !!!!

 

Réussir son tatouage c’est surtout et avant tout, prendre son temps, ne pas se précipiter… le « tattoo-minute-souvenir-de-vacances-OC trocool-jveulemème » reste toute une vie !!!