150.  VULGARISATION  SUR  LA  TECHNIQUE  EN  TATOUAGE

De tous les appareils électriques utilisés en pigmentation dermique, l’artiste-tatoueur préfère l’utilisation de machine dite « vibrante », de par ses nombreuses possibilités de réglages personnalisables, ainsi que par la qualité du résultat obtenu : tracé net, ombrage dégradé, aplat rempli.

Il existe des machines à tatouer dites « rotative », mais elles ne permettent aucun réglage, donc elles peuvent convenir ou pas … D’autres types de machines à système hydraulique ou pneumatique commencent à voir le jour, mais considérer plutôt comme des prototypes du fait de leur usage confidentiel.

Tous les machines vibrantes sont de même conception, le principe de l’électroaimant : les bobines alimentées par un courant continu (de 6 à 12 volts) « fabriquent » du magnétisme qui attire la masselotte, cette action coupe le flux du courant au point de contact vis/ressort AV, donc le magnétisme… alors la masselotte remonte …. Le point de contact se rétablit….. Le magnétisme attire la masselotte… Ainsi de suite…De 80 à 180 fois/seconde…

Ce qui diffère d’une traceuse à une remplisseuse est la puissance des bobines, du condensateur, de l’épaisseur des ressorts avant/arrière et des réglages ; les types les plus utilisés:

-  traceuse : bobines de 6/8 wraps (6 à 8 couches de fils de cuivre), condensateur 15/22 uf, ressort AV/AR 0,5 : rapide, nerveuse, faisceau d’aiguilles de 3 à 7 en rond ; 140 hertz

ombreuse : bobines de 8/10 wraps, condo 33/47 uf, ressort AV moins épais: coupleuse ; faisceau d’aiguilles de 7 à 14 en rond ou magnum ; 110 hertz

-  remplisseuse/ombreuse : bobines de 10 à 14 wraps, condo 47/68 uf, ressort AV plus fin : puissante, coupleuse, faisceau d’aiguilles de 7 à 21 en rond ou 7 à 45 en magnum ; 90 hertz

Chaque tatoueur choisit ou monte ses « bécanes » en fonction de son ressenti, de sa manière  de travailler et de sa vitesse d’exécution ; ses propres réglages ne conviendront peut-être pas à d’autres ….

La technicité en tatouage n’est pas une science exacte… le facteur humain a une énorme importance !!!

 

 

 

Descriptif d’un équipement de tatouage :

descriptif d'un équipement

 

Vue éclatée d’une machine à tatouer vibrante :

VUE ECLATEE

 

 

 Anatomie d’une machine à tatouer vibrante :

 

ANATOMIE

tableau de l'anatomie gun

 

 

MÉTHODOLOGIE   DE   RÉGLAGE    D’UNE  MACHINE

 Avant d’aborder tout réglage….. Il faut garder en mémoire que le réglage magique, universel et idéal  n’existe pas et qu’il

convient de l’ajuster en fonction de chacun, de sa manière de travailler, de son ressenti …..

 Pour  aborder les réglages de base que chacun pourra « peaufiner » à sa convenance… Quelques outils sont nécessaires :

- clés alène

- 1 jeu de cales calibrées de 0,5 à 10 au minimum (10 = 1 mm)

- 1 tensiomètre (spring gauge), au pire un pèse-lettre ou une balance digitale et 1 lame de scie à métaux fera l’affaire….

- 1 pied à coulisse avec mesure en pince et en écartement, au pire 1 réglette acier  millimétrée

-  mais surtout une alimentation digital affichant le voltage, la vitesse (hertz), le « duty » (la fréquence de pénétration des aiguilles) et le « follow true » (incidence de bon fonctionnement).

Dans un premier temps, une machine doit être propre, exempte de rouille, calamine… avec de préférence les Ressorts Avant et Arrière neufs, vérifie le bon état du condo.

Dans un second temps, monte les ressorts Av/Ar et la masselotte sur la table Ar. Vérifie son bon alignement :

- le téton dans l’axe longitudinal du tube

-  monte une tige sur le téton pour vérifier l’axe vertical

montage masselotte

 

Le réglage d’une machine se fait sur 7 paramètres interactifs, la modification  d’un seul d’entre eux entraîne en cascade un re-réglage général…

 

1

  tension du ressort arrière
   2   tension du ressort avant
   3   portée du ressort arrière (l’écart masselotte / table arrière)
   4   écart de la vis de contact
   5   écart à la bobine arrière (l’écart noyau / masselotte)
   6   écart à la bobine avant (l’écart noyau / masselotte, avec/sans vis de  contact)
7   sortie d’aiguilles

 

 

 

 

 PARAMETRE REGLAGE

 

 

 1/  Épaisseur, longueur et tension du ressort arrière :

 Le ressort AR a une incidence sur la force, la vitesse et l’impact.

Épaisseur du ressort arrière :

Un ressort AR épais donne plus de tension donc de puissance mais fait moins »ressort ».

Un ressort AR fin donne une tension faible (moins de force) et un risque de casse + fréquent.

Longueur du ressort AR :

La longueur est déterminée par la longueur de la masselotte et la portée du ressort AR.

Tension du ressort AR :

La tension du ressort AR détermine la force et la vitesse, après le choix de l’épaisseur et de la longueur du ressort AR.

La tension AR permet à la masselotte d’obtenir un plan à 180° (parallèle aux noyaux des bobines) lors de l’attraction de la masselotte et une course du faisceau (tige+aiguilles) bien perpendiculaire.

 La tension AR s’obtient par l’inclinaison du ressort vers le haut (l’ensemble mobile : ressort AV/AR et masselotte fixé sur la table AR).

Pour le réglage de la tension du ressort AR :

-  dégage la vis de contact AV

- desserre la vis de la table AR

- déplace la partie mobile (masselotte + ressort AV/AR) sur le coté

- fait une poussée de bas vers le haut pour « tordre » le ressort AR au niveau de la vis de la table AR, procède doucement et par étape jusqu’à la tension désirée : il ne faut jamais détordre un ressort car il y aura une friction des molécules qui fragilisera le métal, casse assurée ….

- Replace la partie mobile, le téton dans l’axe du tube

-  Resserre la vis de la table AR

-  et contrôle  la tension avec un tensiomètre (spring gauge) : l’outil ans l’axe horizontal de la masselotte, pose la lamelle sur le téton de la masselotte et appuies vers le bas jusqu’à ce que la masselotte touche le noyau de la bobine AV ; la position de la lamelle sur l’outil indique en grammes la tension du ressort AR.

-  Répète l’opération jusqu’à obtention de la tension désirée

-  Replace la vis de contact.

 

Si tu ne possèdes pas de tensiomètre….

- utilise un pèse-lettre ou une balance digitale (jusqu’à 1 kg de charge), fixe-y une lame de scie à   métaux

-  refait la tare à 0 du pèse-lettre

-   met en appui le téton de la masselotte sur l’extrémité de la lame de scie (la machine à tatouer a la tête en bas)

-   exerce une pression jusqu’au contact masselotte/noyau de bobine AV

-  la tension s’affiche en grammes

-  Répète l’opération jusqu’à obtention de la tension désirée

-  Replace la vis de contact.

tension ressort ar

 

 

2/  épaisseur, longueur et tension du ressort avant :

Le ressort AV a une incidence sur la vitesse, la nervosité ou la souplesse ….

Epaisseur du ressort AV :

L’épaisseur équivalente du ressort AV au ressort AR donne un bon compromis rapidité/force.

Un ressort AV plus fin donne moins de vitesse, plus de nervosité ou de souplesse mais moins de force qui peut être compensée par + de tension AR.

Un ressort AV plus épais que le ressort AR  donnera  plus de vitesse, faire néanmoins attention : risque de casse du ressort AR.

Longueur de ressort AV :

La longueur du ressort AV est déterminée par la destination de la machine :

-  ressort AV court = nervosité et vitesse = traçage

- ressort AV long = souplesse et amplitude = remplissage ou ombrage

Tension du ressort AV :

La tension du ressort AV détermine la vitesse, la souplesse ou la nervosité et l’amplitude de débattement de la masselotte.

La tension du ressort AV s’obtient par courbure/inclinaison vers le haut du ressort AV.

Dans le cas d’un ressort neuf, tu peux le pré contraindre à la main avant montage jusqu’à l’obtention de l’angle désiré, sinon :

-  dégage la vis de contact

-  exerce une poussée de bas en haut sur la pointe du ressort AV

-  procède doucement et par étape jusqu’à la tension désirée : il ne faut jamais détordre un ressort, casse assurée…

-  répète l’opération jusqu’à obtention de la tension désirée

-  replace la vis de contact

 

 

3/  Portée du ressort AR : 

La portée du ressort AR est l’écart entre la masselotte et la table AR

Elle se règle par la longueur du ressort AR et en jouant sur les échancrures des vis de fixation masselotte/table AR.

La portée joue un rôle dans la tension du ressort AR :

-  la réduire = plus de tension AR, plus d’impact, plus de vivacité

-  l’augmenter = moins de tension, plus de souplesse

Dans tout les cas, l’arrière de la masselotte doit obligatoirement couvrir le noyau de la bobine AR, sinon cela crée une mauvaise attraction de la masselotte…

Choisit la longueur de masselotte adéquate afin que le téton de masselotte soit dans l’axe du tube et que l’arrière couvre bien le noyau AR.

 

 

4/  inclinaison et écart de la vis de contact :

L’inclinaison de la vis de contact est en fonction du point de contact sur le ressort AV et de la destination de la machine.

Un point de contact à l’extrémité d’un ressort AV long donne + de souplesse et d’amplitude pour de l’ombrage ou du remplissage.

Plus de rapidité et de nervosité pour le traçage sont acquises en reculant le point de contact ou plus simplement en montant un ressort AV court.

La recherche du bon point de contact se fait en avançant ou reculant la vis de contact sur le ressort AV tout en veillant à conserver un écart optimum.

L’écart optimum de la vis de contact permet de « repousser » la partie mobile vers le noyau de la bobine AV.

Un manque de contact a pour effet une mise en action difficile : la machine a du mal à se lancer et n’a aucune puissance.

Un  contact trop prononcé a un effet de « coller » : la masselotte ne bougera pas.

La mesure de l’écart se fait la masselotte en contact avec le noyau de la bobine AV : on mesure l’écartement entre la vis de contact et le ressort AV.

 

 

5/  écart à la bobine arrière :

L’écart à la bobine arrière est la mesure minimum entre la masselotte et le noyau de la bobine arrière.

Un écart trop important a une incidence sur le bon fonctionnement : la bobine AR n’a pas assez de « pêche » pour attirer la masselotte.

Un écart trop petit a pour effet de faire « rebondir » la masselotte sur le noyau de la bobine AR et « d‘écraser » celui-ci tout en déréglant la « bécane », l’effet de « rebond » de la masselotte peut-être recherchée mais une bonne maîtrise des réglages est nécessaire.

 

L’écart d’air se compense avec la pose de rondelles en fer sous la bobine jusqu’à l’obtention de la mesure désirée ; la mesure se fait avec la masselotte en position la plus basse.

 

 

6/ écart à la bobine avant :

L’écart à la bobine avant est la mesure entre la masselotte et le noyau de la bobine AV, la mesure s’effectue soit avec la vis de contact, soit sans la vis de contact, l’écart d’air à la bobine AV a une incidence sur l’amplitude, la vitesse et la force.

Un écart trop important gêne une bonne attraction de la masselotte par le noyau de la bobine AV.

Un écart moindre écrase en « choquant » la masselotte sur le noyau AV et  la conséquence est un manque d’amplitude de la masselotte, donc moins de force d’impact des aiguilles et de vitesse.

L’écart d’air se compense avec la pose de rondelles en fer sous la bobine jusqu’à l’obtention de la mesure désirée.

 

 

 

7/ sortie d’aiguilles :

La sortie d’aiguilles est la profondeur de pique du faisceau dans la peau.

Trop profond : tracé diffus, éclaté, sillons dans la peau.

Pas assez profond : tracé avec des manques, obligation de repasser plusieurs fois avec un risque de déchirure de la peau.

La sortie d’aiguilles est aussi en fonction de l’endroit à tatouer :

- plus la peau est fine = moins de sortie

-  plus la peau est épaisse =  +de sortie

La sortie d’aiguilles est la mesure des aiguilles qui dépassent de la buse, avec la masselotte en contact avec le noyau AV. La sortie maximum est définie par l’amplitude de la masselotte.

Toutefois certains tatoueurs préfèrent laisser dépasser leurs aiguilles pour un meilleur contrôle visuel au moment de la pique ; le risque est d’enfoncer trop profondément les aiguilles en cas de mouvements impromptus de la part du tatoué ou d’une mauvaise gestion de la profondeur de pique ; il y a déjà tant de paramètres à gérer en tatouant, autant ne pas en rajouter ; de plus quand on dessine, on ne regarde pas  où se situe la mine sur le papier ….

 

 

MESURE ET CONTRÔLE DES RÉGLAGES

Une fois la machine réglée et assemblée (avec tige/aiguille, tube/manchon/buse, élastiques) il convient de vérifier son bon fonctionnement (prendre note des mesures de réglage ainsi que leurs  incidences sur le fonctionnement : au cas où…. à force de modifications apportées, il faille y revenir…….), pour cela, l’outil imparable : l’alimentation :

- une alimentation analogique (à aiguilles) est trop imprécise pour toutes prises de mesures

- une alimentation digitale permettant de mesurer avec précision la vitesse, le pourcentage de pénétration des aiguilles dans la peau ainsi que le voltage, est obligatoire si l’on veut mesurer ses réglages et surtout pour les retrouver…..

Alors qu’une simple alimentation est suffisante pour tatouer.

 

 

NOUVEAU CONCEPT

La marque EIKON® a encore innover avec la création d’une machine : le « Green Monster® », dont la particularité réside dans le fait que la « base » restant commune, c’est la puissance du condensateur et la partie mobile qui va différencier la destination de la machine :

-   tracé : masselotte légère, ressort AV plus épais que le ressort AR, 130 hertz, petit condensateur

-  ombrage : masselotte plus lourde, ressort AV/AR équivalent, 110 hertz, condensateur moyen

- remplissage : masselotte encore plus lourde, ressort AV plus fin que le ressort AR, 90 hertz, gros condensateur.

 

La conception de la masselotte « tru spring »  prédéfinit la tension des ressorts AV/AR qui sont normalisés et numérotés.Le seul réglage restant se fait à la vis de contact.

Pour un débutant je conseillerais de prendre une ombreuse qui permettra aussi de tracer ou de remplir à une allure modérée, ce qui est souvent le cas à ses débuts.

 

 

MES  RÉGLAGES PERSO POUR  LE TRACÉ :

Pour une traceuse de 3 à 7 aiguilles en rond : pas trop de puissance ni de force mais vitesse.

-  Bobines : 8 wraps

-  Condensateur : 15 / 22 uf

-  Longueur masselotte : 42 mm (peut varier selon le cadre)

-  Épaisseur masselotte : 4 mm

-   Ressort AV : épaisseur 5/10° / longueur 34mm

-  Ressort AR : épaisseur 5/10° / longueur 40

-  Alimentation : 6 à 8 volts

-  Ampérage : 0,4 à 0,5

-  Vitesse : +- 130 hertz

-  Duty :  45  (pourcentage où les aiguilles sont hors de la peau : à 45, les aiguilles sont donc à 55‰  dans la peau)

-  Follow true : 0 ou chiffre fixe : aucune anomalie de fonctionnement

 

1

Tension ressort AR

500 grs

2

Tension ressort AV

12 °

3

Portée ressort AR

6 mm

4

Ecart vis de contact

10/10° (1mm)

5

Ecart d’air bobine AR

5/10°

6

Ecart d’air bobine AV

Avec contact

 

Sans contact

15/10°

30/10°

7

Sortie d’aiguilles

+-  = 11/10°

 

CE TYPE DE RÉGLAGE PEUT NE PAS TE CONVENIR  SELON TA FAÇON DE PIQUER

PRENDS  SOIN  DE  NOTER  TES  PROPRES   RÉGLAGES .

 

 

 

MES  RÉGLAGES PERSO POUR  LES OMBRAGES  ET   LES  APLATS :

 Pour une colorieuse de 11 à 45 aiguilles en rond/magnum : beaucoup de puissance, de force et de vitesse (ndlr : ma préférence  va vers la vitesse,

d’autres préfèrent plus lent à 90/100 hertz).

-  Bobines : 14  wraps

-  Condensateur : 47  uf

-  Longueur masselotte : 42 mm (peut varier selon le cadre)

-   Épaisseur masselotte : # 3 mm

-  Ressort AV : épaisseur  5/10° / longueur 40mm

-  Ressort AR : épaisseur 5/10° / longueur 40mm

 

-   Alimentation : 6 à 8 volts

-   Ampérage : 0,4 à 0,5

-   Vitesse : 140 hertz

-   Duty : 45  (pourcentage où les aiguilles sont hors de la peau : à 45, les aiguilles sont donc à 55‰  dans la peau)

-   Follow true : 0 ou chiffre fixe : aucune anomalie de fonctionnement

 

1

Tension ressort AR

600 gr

2

Tension ressort AV

10°

3

Portée ressort AR

                              5 mm

4

Ecart vis de contact

30/10°

5

Ecart d’air bobine AR

5/10°

6

Ecart d’air bobine AV

Avec contact

 

Sans contact

35/10°

55/10°

7

Sortie d’aiguilles

+  ou -  = 11/10°

 

CE TYPE DE RÉGLAGE PEUT NE PAS TE CONVENIR  SELON TA FAÇON DE PIQUER.

 

 

  PRENDS  SOIN  DE  NOTER  TES  PROPRES   RÉGLAGES .

 TABLEAU   DE   RÉGLAGE

 

Artiste- tatoueur : ………………………………………………….…Date :………… ………

machine

Marque :…………………………………

  usage :  tracé, ombre, aplat ………….. 

Bobines

Marque : ………………………

  wraps :………

Condensateur

Marque : …………………………

 uf :………….

Ressort AV                       

marque :………………………………..

épaisseur   mm :………………………..            Ou         ……../ 10:………………………

 longueur mm : ………………………..

 Ressort AR                        

marque :  ……………………………….                                                          

épaisseur mm :………………………..            Ou         ……../ 10

 longueur mm :………………………… 

Masselotte                      

Marque :   ………………………………

épaisseur  mm :…………………

Longueur mm :…………………………

Poids grs :…………………………

débattement mm :…………………………

 Tension Ressort AR

 grs :………………

 

 

Tension Ressort AV

 degré d’angle :……………

 

 

Portée Ressort AR

mm :……………

 

Écart vis de contact

mm :……………. …………….       Ou            … …/10

 

Point de contact distance du bout du ressort AV

 mm :……………

 

Écart d’air noyau AR

mm :…………….  …………….     Ou            ….. ../10 

                 

Écart d’air noyau AV      

Avec contact mm :……………. ……………       Ou            … …/10

Sans contact mm :……………. …………..         Ou          ….  …/10

 

Sortie d’aiguilles

 mm :……………. ………….          Ou           …..…/10

 

Voltage

 …………… volt

 

 

Ampérage

………………  A

 

Vitesse/ seconde

   Hertz……………….

 

Pourcentage coup d’aiguilles 

  Duty……………………

 

Indicateur d’anomalie

Follow true……………………

 

 

 

LES  DISFONCTIONNEMENTS ….

Aucune réaction :

Problème d’alimentation vérifie:

-  la prise de l’alimentation

-   la connexion à l’alim (fiches banane, RCA, jack…)

-   la connexion à la pédale

-   la connexion à la machine (fiches desserties ou  desserrées)

-   bon état du câblage et du clip-cord

-  bon état des joints isolants au niveau des entretoises AV/AR

Çà  fonctionne mais « ratatouille » :

-  ressort AV/AR cassés ou fêlés

-  le bon sens de montage du condo et sa puissance

-  le bon état du condo (grosse étincelle à la vis de  contact : condo à changer)

-  nettoie la calamine sur les noyaux de bobines et sous la masselotte, mets la machine en marche et intercales une feuille de papier en la faisant coulisser entre les noyaux et la masselotte

-  augmente la tension AR

-  vérifie l’écart à la vis de contact

- vérifie l’écart d’air à la bobine AV (amplitude)

- vérifie l’état et la bonne taille du/des élastiques

 

Çà  fonctionne mais crache de l’encre :

-  le mauvais état des élastiques est le cas le plus fréquent

-   alignement de la tige au centre du tube/manchon/buse et si  le faisceau ne peut être plaqué contre la buse, il faut simplement tordre un peu la tige, faire attention que la tige ne frotte pas dans le manchon

-  état du faisceau (aiguilles émoussées)

La masselotte ne bouge pas :

- çà « colle » au niveau du ressort AV : réduire la tension AV ou la tension AR ou l’écart de la vis de contact

- vérifie l’écart  d‘air au noyau AR/AV, au besoin surélève les bobines

-  trop de tension AR

Manque de vitesse :

- plus de tension AR

-  moins de portée du ressort AR

-  ressort AV plus épais mais pas plus que le ressort AR

-  une masselotte plus fine et/ou plus légère

-  plus d’écart d’air à la bobine AV

-  plus de volt

-  un condo plus petit

-  élastique trop petit

- tige qui frotte dans le manchon

 

Trop de vitesse :

-  moins de tension AR

- plus de portée AR

-  ressort AV plus fin

- moins d’écart d’air à la bobine AV

- moins de volt

- un condo plus gros

- une masselotte plus grosse

Manque de force et pas assez de puissance :

-plus d’écart d’air à la bobine AV

-  plus de volt

-  plus gros condo

-  masselotte plus lourde/épaisse

-  moins de portée de ressort AR

-  plus de tension AR

-  plus d’amplitude à la masselotte

 

Manque de Duty cycle (indication du pourcentage où l’aiguille est dans la peau, l’idéal est de 50):

- moins d’écart d’air à la bobine AV

-  moins d’écart à la vis de contact

-  écart bobine AV plus grand que l’écart à la vis de contact

-  plus de tension AR

-  plus de tension AV

-  moins de portée AR

 

 

LA  TENSION DE LA PEAU

 Un réglage aussi important …. Et qui ne nécessite aucun outil….juste du ressenti …. Juste le bruit de la peau qui claque sous l’action des aiguilles….

Une peau bien tendue facilite l’action de tatouer… il ne peut y avoir de peau trop tendue, mais plutôt pas assez tendue, ce qui a pour effet :

-  risque de blocage des aiguilles

- diffusion de l’encre

- mauvaise pénétration de l’encre : obligation de repasser plusieurs fois

- déchirure de la peau

- cicatrices blanches en relief après cicatrisation (chéloïdes)

- sans parler de l’aspect inesthétique du tatouage : tracé tremblotant

 

 

 

QUELQUES BASES

 

- une machine se tient dans l’axe du trait à faire cela permet d’obtenir un trait plus net et plus fin (fig A) ;  une machine tenue comme un stylo laissera un tracé moins net, plus épais et diffus (fig B) ;  on peut constater sur le comparatif ci-dessous, qu’à profondeur égale, la largeur de trait est plus importante sur la fig B

épaisseur du trait

 

- lors de la réalisation du tatouage, je préconise une exécution avec la buse en contact de la peau : cela fait un paramètre de moins à gérer, la profondeur de pique se réglant en coulissant l’ensemble buse/manchon/tube avec la masselotte en contact du noyau de bobine AV, la sortie d’aiguilles est ce qui va rentrer dans la peau. Certains confrères préfèrent tatouer à vue avec une sortie permanente des aiguilles, mais en cas de « mouvements inopportuns » de la personne se faisant tatouer, toute la sortie d’aiguilles pénètrera dans la peau donc éclatement et/ou déchirure assuré

-  un tracé se fera la machine dans l’axe du trait et en rentrant progressivement dans la peau jusqu’au contact de la buse et la sortie se fera en sens inverse, en sortant progressivement (fig C) ; cela évitera les excès d’encre et les impacts en entrée et sortie de trait de pique (fig D)

tracé d'un trait

-          un trait vertical se fait du plus loin en venant vers soi

-          un trait horizontal se fait de droite à gauche si tu es droitier et inversement si tu es gaucher

-          toujours tatouer en avançant, cela permet de voir le trait à suivre, en tatouant en « marche arrière » la main et la machine cachent le trait

-          la réalisation d’une pointe se fait en chevauchant la fin des traits pour obtenir un angle pointu (fig E) ; avec des traits  juxtaposés cela  donnera un angle moins net (fig F) ; n’oublies pas de « rentrer » et  « sortir » ton faisceau progressivement, sinon cela fera un impact (fig G)

traçage d'une pointe

 

NDLR

Cette vulgarisation sur la technique et réglage n’a pas pour but de faire naître des vocations, mais de permettre à des apprentis ou à des professionnels de mieux appréhender leurs « outils ». Tout tatoueur n’est pas systématiquement un fin technicien,  sa qualité première réside dans  une bonne réalisation d’un tatouage et d’une bonne compréhension de l’attente finale du candidat au tatouage.

 

Pour d’éventuels autodidactes aspirants à la profession de tatoueur :

- Pour certains, c’est leur démontrer que la tâche est beaucoup plus complexe qu’elle n’y parait. Ce n’est pas la possession d’une machine à tatouer et de ce guide qui fera un tatoueur…. Pas plus qu’une revue technique et une caisse à outils ne feront un mécanicien… ou une paire de ciseau… un coiffeur !!! Qu’une formation par apprentissage chez un professionnel est l’unique moyen d’aborder une bonne pratique.

- Pour d’autres qui verront en ce guide une aubaine, j’espère que cela leur évitera certaines erreurs qu’ils auraient de toute façon fatalement commises… (au vu de la quantité de machine à tatouer   d’occasion en circulation… mais comme neuf !!!)

 “Made in tattoo”

Pour la promotion et le développement de l’art corporel.

 Cuong VÛ

140.  GUIDE DE BONNES PRATIQUES DU TATOUEUR PROFESSIONNEL

 

Quels sont les risques liés aux tatouages ?

Un risque infectieux potentiel au même titre que tout soin invasif : pose d’une perfusion ou  réalisation d’un bilan sanguin par exemple … ni plus ni moins…

Le risque infectieux potentiel et son mode de transmission sont des éléments à prendre en compte impérativement :

- Risque par transmission croisée directe : par contact direct ou par l’intermédiaire des mains (manu portage).

- Risque par transmission croisée indirecte :   par l’intermédiaire d’un instrument contaminé.

Afin de limiter ces risques une formation en hygiène est obligatoire afin de pratiquer l’acte du tatouage..

 

 

Des mesures préventives minimales sont incontournables :

-  Un environnement propre et désinfecté.

-  Une hygiène des mains : désinfection par friction avec un gel hydro alcoolique ou lavage avec un savon antiseptique, le port de bijoux autres que les anneaux lisses est proscrit.

-  Port de gant d’examen et rigueur gestuelle aseptique.

- Réalisation d’une antisepsie cutanée.

-   Les objets  risquant d’être potentiellement contaminé, par contact ou manipulation, doivent être protégés.

-  Utilisation prioritaire de matériel à usage unique et stérile, à défaut du matériel recyclable qui aura subit une désinfection de haut niveau ou une stérilisation.

-  Aiguilles à usages uniques stériles.

-  Encre de tatouage reconnue conforme au contrôle de la contamination bactérienne et sa composition conforme au code de la santé publique.

-  Une technique de réalisation aseptique.

-  Une prise en charge des déchets à risque infectieux, de la production à l’élimination.

-  Des consignes d’une conduite à tenir lors de la cicatrisation.

 

Ceci n’empêche pas une rigueur essentielle à la pratique !!!

 

141.  LE STUDIO DE TATOUAGE

 Une hygiène du lieu et de son environnement doit être impérativement respectée.

Le studio doit se composer :

- 1 salle d’attente

- 1 poste de travail

- 1 lieu clos de stockage des déchets à risque infectieux, à défaut un meuble nettoyable réservé exclusivement à cet usage et fermant à clef

- le cas échéant 1 pièce de stérilisation

- Le poste de travail doit être à l’abri du vent pour limiter tout apport de contaminants exogènes.

- Le poste de travail doit être séparé de l’accueil, son accès limité aux intervenants tatoué/tatoueur, et que sa vision puisse en être occulté : la réalisation d’un tatouage reste un acte intime.

- Le poste de travail doit posséder un point d’eau ou à proximité, la robinetterie sera soit à  détection, soit à contact au pied ou au genou, à défaut pour un robinet classique suivre le protocole.

- Le plan de travail doit être dépourvu de toutes aspérités (type carrelage), préférez une surface vitrée ou plastifiée afin d’appliquer le principe de bionettoyage : réduire de façon temporaire la contamination des surfaces (avant / après chaque utilisation).

- Le fauteuil de travail doit être muni d’une surface nettoyable avec un produit détergent et désinfectant, le principe de bionettoyage (avant / après chaque utilisation).

- Le sol du poste de travail doit pouvoir être nettoyé avec un produit détergent et désinfectant :   application du principe de bionettoyage  (au moins 1 fois par jour).

 

 

142.  LE MATÉRIEL

Le matériel pour la réalisation d’un tatouage doit subir des mesures préventives pour un acte à risque infectieux potentiel.

Les risques principaux étant des infections (microbiennes, bactériennes) et des transmissions de virus : HIV, hépatite (B ou C) pour ne citer que les plus connus.

La mesure préventive incontournable est l’utilisation  de matériel et de fournitures :

- à usage unique: caps, gants, essuie-tout, sachet ou film plastique, rasoirs

- à usage unique stérile : aiguilles, buses, manchons, tiges

- en conformité sanitaire : encres stériles

À défaut de matériel à usage unique stérile et dans la mesure où le matériel n’a pas son équivalence sur le marché, l’utilisation de matériel recyclable nécessitera une stérilisation ou une désinfection de haut niveau pour le matériel thermosensible.

Avant tout n’oublions pas que  l’on ne peut désinfecter ou stériliser que ce qui est propre: nettoyage et pré désinfection du matériel recyclable avec le liquide approprié en bac ultra son, sont des étapes obligatoires.

La mesure préventive intermédiaire : après décontamination, rinçage à l’eau courante, séchage et conditionnement dans des gaines à stériliser, le matériel recyclable est stérilisé, la stérilisation se fait par autoclave à chaleur humide, l’agent stérilisant étant la vapeur d’eau, la norme actuelle est une vapeur saturée de 134° à 2,1 Bars pendant une durée de 18 minutes.

Les petits autoclaves généralement utilisés dans la profession doivent être à la norme AFNOR: NF EN 13060.

Selon son protocole d’utilisation, l’autoclave doit subir quotidiennement ou avant tout usage un test de vide, un cycle à vide et un test de pénétration de la vapeur, ainsi qu’une révision annuelle pour l’étalonnage obligatoire des appareils de mesure. La vérification d’une bonne stérilisation se fait par des indicateurs physico-chimiques. Un enregistrement des paramètres de la stérilisation doit être conservé 5 ans. Chaque emballage doit comporter la date limite d’utilisation.

- La mesure préventive minimale : cela ne concerne que le matériel recyclable thermosensible ; après décontamination, rinçage à l’eau courante et séchage, le matériel est désinfecté dans un bain de trempage avec le liquide approprié à utiliser selon la notice du fabricant, le rinçage se fera à l’eau stérile et pour un usage immédiat. Sinon le stockage sera réalisé dans un emballage étanche aux agents exogènes et l’opération de désinfection devra être re-effectué avant la mise en service.

 

 

 

143.  LE MATÉRIEL NÉCESSAIRE POUR TATOUER

- une alimentation avec  son câblage et sa pédale

- machines (tracé/remplissage/ombrage)

- aiguilles pré soudées, buses et manchons à usage unique stériles

-  À défaut :tiges, buses, manchons (matériels recyclables stérilisés)

- aiguilles à usage unique (stérilisées), gabarits, fer et flux à souder, soudure à l’étain

- bac à ultra son (pour matériel recyclable)

- produit détergent et pré désinfectant (pour matériel recyclable)

- autoclave norme afnor : EN13060 (pour le matériel recyclable)

- gaine thermo soudable et soudeuse à gaine (matériel recyclable→ pour autoclave)

- et/ou matériel de tatouage traditionnel (matériel recyclable thermosensible = désinfection instantanée)

- bac à ultra son (pour matériel recyclable)

- produit détergent et pré désinfectant (pour matériel recyclable)

- produit désinfectant et son bac (désinfection à froid du matériel recyclable)

- eau stérile

- encre de tatouage stérile, conforme au contrôle de la contamination bactérienne

- gant d’examen en latex (vinyle, nitrile ou autre matériau en cas d’allergie au latex)

- savon antiseptique ou solution hydro alcoolique

- film et sachet plastique et/ou protection adéquat pour machine à tatouer et cordon d’alimentation

- vaseline et/ou corps gras

- caps pour l’encre

- gobelet  à usage unique

- essuie-tout à usage unique en dévidoir

- rasoir à usage unique

- sparadrap et/ou film polyuréthane  (dispositif médical)

- pulvérisateur de nettoyant antiseptique pour la peau

- une table de travail en verre ou une surface nettoyable/désinfectable

- une lampe de travail (basse tension préconisée)

- un fauteuil de travail muni d’une surface nettoyable/désinfectable

- une poubelle/sac pour déchets ménagers, normalisé de couleur bleu ou noir

- une poubelle/sac pour déchets à risque infectieux et son collecteur à DASRI normalisé de couleur jaune ou rouge (aux normes CE) la limite de remplissage doit être respectée

- un container spécifique pour objet piquant, tranchant, coupant (aux normes CE) la limite de remplissage doit être respectée

- pulvérisateur de détergent et désinfectant de surfaces hautes

- détergent et désinfectant de sols.

 

 

 

144.  L’AVANT – TATOUAGE

  Quelques règles de déontologie de l’artiste-tatoueur :

- se renseigner sur la santé du candidat au tatouage, pour vérifier l’absence de contre indications : grossesse, croissance non terminée, allergie, présence inopportune de «grains de beauté», pathologies diverses. Au moindre doute demander un avis médical.

-  informer sur sa pratique : les méthodes,  le matériel, le déroulement, la faisabilité.

- s’assurer de la motivation (évocation de la douleur…).

- respecter le choix d’un motif, renseigner au besoin sur sa signification et conseiller les différents emplacements possibles.

- s’engager à  ne jamais reproduire un motif personnel.

- laisser observer un temps de réflexion, ne tatouer que sur Rendez-vous.

-  prévenir de la nécessité d’une observation rigoureuse des soins post-tatouage.

- garantir une absolue confidentialité.

- avertir que la prise d’alcool, de produits stupéfiants et de certains médicaments est déconseillée lors de la réalisation du tatouage.

Dans l’étape de l’avant-tatouage, un autre point est essentiel : le droit de refuser de réaliser un tatouage, pour une question d’éthique personnelle, mais le tatoueur se doit de diriger la personne vers un autre confrère susceptible de répondre à la demande.

 

 

145.  TECHNIQUE DE TATOUAGE ASEPTIQUE

- lavage simple des mains (savon liquide, savonnage de 15 secondes minimum), séchage ; le port de bijoux autres que les anneaux lisses est proscrit

- application du principe de bio nettoyage du poste de travail

- lavage simple des mains (savon liquide, savonnage de 15 secondes minimum), séchage +  friction avec un gel hydro alcoolique (suite à 5 frictions un lavage humide est préconisé)

- mise en place de protection plastique (film, sachet) sur les objets usuels (pulvérisateur, lampe etc…)

- préparation du matériel après vérification de son bon fonctionnement et de son bon état

- mise en place de protection plastique sur le/les machines ainsi que sur le câble d’alimentation

- si nécessaire : préparation d‘un gobelet à usage unique remplit d’eau propre pour le rinçage des buses entre 2 couleurs

- lavage des mains avec un savon antiseptique (30 secondes) et/ou friction avec un gel hydro alcoolique (suivre le protocole)

- désinfection de la zone cutanée à tatouer

- séchage

- rasage à sec de la zone (risque de micro coupures trop élevé sur peau humide)

- désinfection de la peau

- réalisation du motif ou dessin au feutre chirurgical

- vérification de l’emplacement en station verticale

- remplissage des caps d’encre

- lavage des mains avec un savon antiseptique et/ou friction avec un gel hydro alcoolique (suivre le protocole)

- port des gants ; à changer au moins toute les ½  heure, désinfection des mains par lavage ou friction à chaque retrait des gants

- réalisation du tatouage

- tri sélectif des déchets souillés et conditionnement dès la production

- nettoyage et désinfection de la zone tatouée

- application de désinfectant sur le tatouage (pendant 5mn)

- nettoyage et application d’une pommade antiseptique ou d’un corps gras et recouvrir d’une compresse non tissée ou d’un essuie tout ; ou application d’un film polyuréthane  (dispositif médical).

 

 

146.  LES CONSIGNES DE SOINS POUR LE TATOUÉ

 

Cicatrisation par application de crème ou pommade :

-  se laver soigneusement les mains, sécher avec un essuie-main

-   ôter le pansement, au besoin l’humidifier pour un retrait aisé

-   laver soigneusement le tatouage avec un savon neutre (sans parfum)

-  sécher en tamponnant avec un essuie tout ou compresse non tissée, ne jamais utiliser de gant ou serviette de toilette

-  appliquer plusieurs fois par jour une pommade désinfectante, antiseptique, décongestionnante et cicatrisante, protégez avec une compresse non tissée ou un essuie tout.

-  ne pas arracher les croûtes qui se forment, re-appliquez de la pommade

-  la chute naturelle de toutes les croûtes annonce la fin de la cicatrisation, appliquer une crème hydratante

-  avertir sur les risques infectieux dus aux bains, piscine, sauna, hammam, plage, soleil.

 

 

Cicatrisation en milieu humide

La cicatrisation en milieu humide par l’application d’un film polyuréthane (dispositif médical) est d’une plus grande rapidité, évite beaucoup de risque allergène, est plus confortable et moins astreignant ; en outre cela autorise les bains, piscine, plage ; pour le soleil se renseigner auprès du fabricant.

En cas d’exsudation importante (écoulement sanguin et lymphatique) ou de rejet d’encre important fuyant à l’extérieur du pansement:

-    se laver soigneusement les mains

-  ôter le film en l’étirant parallèlement à la peau (comme si vous vouliez l’agrandir)

-  rincer délicatement à la main le tatouage à l’eau courante

-  sécher soigneusement le tatouage et son pourtour en tamponnant avec un essuie-tout ou une compresse non tissée

-  réappliquer un film polyuréthane, à renouveler tout les jours ou selon les consignes du fabricant

-  en général, la fin des « démangeaisons » signifie la fin de la cicatrisation, environ 7 à 10 jours.

-  ôter le film et appliquer une crème hydratante

 

 

147.  LES PRÉCAUTIONS À PRENDRE

en cas de malaise vagal : allongez la personne sur le dos, surélevez les pieds,  ventilez la.

- en cas d’hypoglycémie : suivre la même procédure qu’en cas de malaise vagal et  donnez lui quelques friandises, du sucre ou/et une boisson sucrée. Attention aux personnes diabétiques : hypo ou hyperglycémie ?

- veillez à suivre le protocole d’hygiène pour le port et le retrait des gants 

- interdiction de prendre l’essuie-tout par le rouleau : à manipuler feuille par feuille.

- lors du remplissage du caps d’encre, veillez à ne pas mettre en contact le flacon et son pigment avec le caps. Il conviendra d’assurer régulièrement un bio nettoyage de tous les flacons d’encres.

- tri sélectif des déchets et conditionnement à l’issue de la production, avec distinction des déchets d’activité à risque infectieux potentiel (souillés par le sang) dans le container approprié normalisé de couleur Jaune ou Rouge et des déchets d’ordre ménager dans un sac poubelle normalisé de couleur Bleu ou Noir.

-  veillez à ne pas dépasser la limite de remplissage du container de déchets d’activité à risque infectieux ainsi que du collecteur d’objets tranchants/piquants. La limite de remplissage est stipulée, à défaut au 2/3 de sa capacité.

-  veillez à ne pas dépasser la date limite d‘utilisation stipulée sur les flacons d’encre.

-  veillez à ne pas dépasser la date limite d‘utilisation ainsi que le bon état des emballages du matériel stérile : une étanchéité absolue est obligatoire pour assurer la conservation de l’état stérile.

-  Lors de la pose d’un « stencil/calque », veillez à utiliser une mise en oeuvre à usage unique, un essuie-tout humidifié de solution moussante pour la désinfection de la peau sera plus approprié que l’utilisation de « stick » de déodorant ou autre produit similaire. Tous les dispositifs ne pouvant être désinfectés et qui sont soumis à un usage commun multiplient le risque d’infection croisée.

 

- L’élimination des déchets à risque infectieux :

-   le stockage des déchets à risque infectieux doit se faire en dehors du poste de travail.

-  la durée légale entre la production du déchet et son incinération pour une quantité inférieure   ou égale à 5 kg ne peut excéder 3 mois.

-  la collecte des déchets: se renseigner auprès de l’ARS ou de la Préfecture, sur les prestataires agrémentés et les accords en vigueur sur le lieu géographique.

- lors de la prise en charge des déchets à risque infectieux et du collecteur d’aiguilles en vu d’incinération par un prestataire agrémenté,  conservez pendant 3 ans le bordereau de dépôt afin d’en assurer la traçabilité.

 

 

PROTOCOLE  D’HYGIÈNE  POUR  LE  PORT  ET  LE  RETRAIT  DES  GANTS

Le port de gant d’examen nécessite malgré tout des mains propres et désinfectées par savonnage ou friction avec un gel hydro-alcoolique. Le port de bijoux est prohibé.

Les gants doivent être « non-poudré » et changé au moins toutes les ½ h.

La manipulation avec les gants au-delà du matériel nécessaire au tatouage est proscrite.

 

protocole de retrait des gants

 

148.  L’ A.E.S  (Accident Exposant au Sang)

 Le risque :

La piqûre pendant l’acte ou pendant la manipulation des aiguilles : leur retrait de la machine ou  la mise en collecteur (l’usage d’une pince spécifique est préconisé).

 

La conduite à tenir:

- faites saigner abondamment   le point de piqûre  sous l’eau courante

- préparez sur l’instant une solution à base d’eau de javel  diluée à 1/10

- laissez tremper le point de piqûre pendant au moins 10mn dans la solution

- dirigez vous vers un lieu de soins : hôpital, dispensaire, clinique…

- Signalez un AES = l’obligation de réaliser une analyse de sang dans les 4h00.

- Précisez si la personne que vous étiez en train de tatouer a une pathologie, cela accélérera la mise en place d’un protocole de soin si nécessaire. 

 

 

149.  L’APRÈS-TATOUAGE

Le matériel :

- démonter de la machine les aiguilles, buse, manchon, aussitôt après usage

-  jeter les faisceaux (tiges et aiguilles) dans le collecteur adéquat

- jeter les buses et manchons à usage unique (matériel souillé à jeter dans le container de déchets à risque infectieux)

 

En cas d’usage de matériel recyclable :

- tremper le matériel recyclable dans un produit pré désinfectant, aussitôt après usage, rincer à l’eau courante

- nettoyer et pré désinfecter le matériel recyclable avec le liquide approprié dans un bac à ultrason, rincer à l’eau courante

- stériliser selon le protocole ou désinfecter selon le protocole pour le matériel thermo-sensible

- nettoyer systématiquement le matériel, le fauteuil et le plan de travail avec un détergent/désinfectant de surface, ainsi que toutes taches ou projections environnantes.

 

Le tatouage :

Le travail du tatoueur ne s’arrête pas à la réalisation du tatouage.

En effet, de part son expérience et parce qu’il a une expertise, il doit en assurer le suivi, notamment pendant la phase de cicatrisation, en vérifier le résultat et éventuellement y apporter les retouches  nécessaires pour répondre à l’attente initiale.

 

La réalisation d’un tatouage requiert une connaissance des risques réels encourus et  en conséquence l’application d’une rigueur essentielle et adaptée. Une « démarginalisation » de l’art intradermique ne peut se faire sans une transparence de l’acte : sa pratique et sa technique.

Une formation en hygiène sanitaire par des professionnels de santé et l’élaboration d’un protocole adapté pour la réalisation d’un tatouage, acte à risque infectieux potentiel, permet aux néophytes d’avoir la garantie d’une prophylaxie en conséquence.

Parce que, au-delà de l’acte, il y a la perpétuation d’une démarche millénaire !!!