140.  GUIDE DE BONNES PRATIQUES DU TATOUEUR PROFESSIONNEL

 

Quels sont les risques liés aux tatouages ?

Un risque infectieux potentiel au même titre que tout soin invasif : pose d’une perfusion ou  réalisation d’un bilan sanguin par exemple … ni plus ni moins…

Le risque infectieux potentiel et son mode de transmission sont des éléments à prendre en compte impérativement :

- Risque par transmission croisée directe : par contact direct ou par l’intermédiaire des mains (manu portage).

- Risque par transmission croisée indirecte :   par l’intermédiaire d’un instrument contaminé.

Afin de limiter ces risques une formation en hygiène est obligatoire afin de pratiquer l’acte du tatouage..

 

 

Des mesures préventives minimales sont incontournables :

-  Un environnement propre et désinfecté.

-  Une hygiène des mains : désinfection par friction avec un gel hydro alcoolique ou lavage avec un savon antiseptique, le port de bijoux autres que les anneaux lisses est proscrit.

-  Port de gant d’examen et rigueur gestuelle aseptique.

- Réalisation d’une antisepsie cutanée.

-   Les objets  risquant d’être potentiellement contaminé, par contact ou manipulation, doivent être protégés.

-  Utilisation prioritaire de matériel à usage unique et stérile, à défaut du matériel recyclable qui aura subit une désinfection de haut niveau ou une stérilisation.

-  Aiguilles à usages uniques stériles.

-  Encre de tatouage reconnue conforme au contrôle de la contamination bactérienne et sa composition conforme au code de la santé publique.

-  Une technique de réalisation aseptique.

-  Une prise en charge des déchets à risque infectieux, de la production à l’élimination.

-  Des consignes d’une conduite à tenir lors de la cicatrisation.

 

Ceci n’empêche pas une rigueur essentielle à la pratique !!!

 

141.  LE STUDIO DE TATOUAGE

 Une hygiène du lieu et de son environnement doit être impérativement respectée.

Le studio doit se composer :

- 1 salle d’attente

- 1 poste de travail

- 1 lieu clos de stockage des déchets à risque infectieux, à défaut un meuble nettoyable réservé exclusivement à cet usage et fermant à clef

- le cas échéant 1 pièce de stérilisation

- Le poste de travail doit être à l’abri du vent pour limiter tout apport de contaminants exogènes.

- Le poste de travail doit être séparé de l’accueil, son accès limité aux intervenants tatoué/tatoueur, et que sa vision puisse en être occulté : la réalisation d’un tatouage reste un acte intime.

- Le poste de travail doit posséder un point d’eau ou à proximité, la robinetterie sera soit à  détection, soit à contact au pied ou au genou, à défaut pour un robinet classique suivre le protocole.

- Le plan de travail doit être dépourvu de toutes aspérités (type carrelage), préférez une surface vitrée ou plastifiée afin d’appliquer le principe de bionettoyage : réduire de façon temporaire la contamination des surfaces (avant / après chaque utilisation).

- Le fauteuil de travail doit être muni d’une surface nettoyable avec un produit détergent et désinfectant, le principe de bionettoyage (avant / après chaque utilisation).

- Le sol du poste de travail doit pouvoir être nettoyé avec un produit détergent et désinfectant :   application du principe de bionettoyage  (au moins 1 fois par jour).

 

 

142.  LE MATÉRIEL

Le matériel pour la réalisation d’un tatouage doit subir des mesures préventives pour un acte à risque infectieux potentiel.

Les risques principaux étant des infections (microbiennes, bactériennes) et des transmissions de virus : HIV, hépatite (B ou C) pour ne citer que les plus connus.

La mesure préventive incontournable est l’utilisation  de matériel et de fournitures :

- à usage unique: caps, gants, essuie-tout, sachet ou film plastique, rasoirs

- à usage unique stérile : aiguilles, buses, manchons, tiges

- en conformité sanitaire : encres stériles

À défaut de matériel à usage unique stérile et dans la mesure où le matériel n’a pas son équivalence sur le marché, l’utilisation de matériel recyclable nécessitera une stérilisation ou une désinfection de haut niveau pour le matériel thermosensible.

Avant tout n’oublions pas que  l’on ne peut désinfecter ou stériliser que ce qui est propre: nettoyage et pré désinfection du matériel recyclable avec le liquide approprié en bac ultra son, sont des étapes obligatoires.

La mesure préventive intermédiaire : après décontamination, rinçage à l’eau courante, séchage et conditionnement dans des gaines à stériliser, le matériel recyclable est stérilisé, la stérilisation se fait par autoclave à chaleur humide, l’agent stérilisant étant la vapeur d’eau, la norme actuelle est une vapeur saturée de 134° à 2,1 Bars pendant une durée de 18 minutes.

Les petits autoclaves généralement utilisés dans la profession doivent être à la norme AFNOR: NF EN 13060.

Selon son protocole d’utilisation, l’autoclave doit subir quotidiennement ou avant tout usage un test de vide, un cycle à vide et un test de pénétration de la vapeur, ainsi qu’une révision annuelle pour l’étalonnage obligatoire des appareils de mesure. La vérification d’une bonne stérilisation se fait par des indicateurs physico-chimiques. Un enregistrement des paramètres de la stérilisation doit être conservé 5 ans. Chaque emballage doit comporter la date limite d’utilisation.

- La mesure préventive minimale : cela ne concerne que le matériel recyclable thermosensible ; après décontamination, rinçage à l’eau courante et séchage, le matériel est désinfecté dans un bain de trempage avec le liquide approprié à utiliser selon la notice du fabricant, le rinçage se fera à l’eau stérile et pour un usage immédiat. Sinon le stockage sera réalisé dans un emballage étanche aux agents exogènes et l’opération de désinfection devra être re-effectué avant la mise en service.

 

 

 

143.  LE MATÉRIEL NÉCESSAIRE POUR TATOUER

- une alimentation avec  son câblage et sa pédale

- machines (tracé/remplissage/ombrage)

- aiguilles pré soudées, buses et manchons à usage unique stériles

-  À défaut :tiges, buses, manchons (matériels recyclables stérilisés)

- aiguilles à usage unique (stérilisées), gabarits, fer et flux à souder, soudure à l’étain

- bac à ultra son (pour matériel recyclable)

- produit détergent et pré désinfectant (pour matériel recyclable)

- autoclave norme afnor : EN13060 (pour le matériel recyclable)

- gaine thermo soudable et soudeuse à gaine (matériel recyclable→ pour autoclave)

- et/ou matériel de tatouage traditionnel (matériel recyclable thermosensible = désinfection instantanée)

- bac à ultra son (pour matériel recyclable)

- produit détergent et pré désinfectant (pour matériel recyclable)

- produit désinfectant et son bac (désinfection à froid du matériel recyclable)

- eau stérile

- encre de tatouage stérile, conforme au contrôle de la contamination bactérienne

- gant d’examen en latex (vinyle, nitrile ou autre matériau en cas d’allergie au latex)

- savon antiseptique ou solution hydro alcoolique

- film et sachet plastique et/ou protection adéquat pour machine à tatouer et cordon d’alimentation

- vaseline et/ou corps gras

- caps pour l’encre

- gobelet  à usage unique

- essuie-tout à usage unique en dévidoir

- rasoir à usage unique

- sparadrap et/ou film polyuréthane  (dispositif médical)

- pulvérisateur de nettoyant antiseptique pour la peau

- une table de travail en verre ou une surface nettoyable/désinfectable

- une lampe de travail (basse tension préconisée)

- un fauteuil de travail muni d’une surface nettoyable/désinfectable

- une poubelle/sac pour déchets ménagers, normalisé de couleur bleu ou noir

- une poubelle/sac pour déchets à risque infectieux et son collecteur à DASRI normalisé de couleur jaune ou rouge (aux normes CE) la limite de remplissage doit être respectée

- un container spécifique pour objet piquant, tranchant, coupant (aux normes CE) la limite de remplissage doit être respectée

- pulvérisateur de détergent et désinfectant de surfaces hautes

- détergent et désinfectant de sols.

 

 

 

144.  L’AVANT – TATOUAGE

  Quelques règles de déontologie de l’artiste-tatoueur :

- se renseigner sur la santé du candidat au tatouage, pour vérifier l’absence de contre indications : grossesse, croissance non terminée, allergie, présence inopportune de «grains de beauté», pathologies diverses. Au moindre doute demander un avis médical.

-  informer sur sa pratique : les méthodes,  le matériel, le déroulement, la faisabilité.

- s’assurer de la motivation (évocation de la douleur…).

- respecter le choix d’un motif, renseigner au besoin sur sa signification et conseiller les différents emplacements possibles.

- s’engager à  ne jamais reproduire un motif personnel.

- laisser observer un temps de réflexion, ne tatouer que sur Rendez-vous.

-  prévenir de la nécessité d’une observation rigoureuse des soins post-tatouage.

- garantir une absolue confidentialité.

- avertir que la prise d’alcool, de produits stupéfiants et de certains médicaments est déconseillée lors de la réalisation du tatouage.

Dans l’étape de l’avant-tatouage, un autre point est essentiel : le droit de refuser de réaliser un tatouage, pour une question d’éthique personnelle, mais le tatoueur se doit de diriger la personne vers un autre confrère susceptible de répondre à la demande.

 

 

145.  TECHNIQUE DE TATOUAGE ASEPTIQUE

- lavage simple des mains (savon liquide, savonnage de 15 secondes minimum), séchage ; le port de bijoux autres que les anneaux lisses est proscrit

- application du principe de bio nettoyage du poste de travail

- lavage simple des mains (savon liquide, savonnage de 15 secondes minimum), séchage +  friction avec un gel hydro alcoolique (suite à 5 frictions un lavage humide est préconisé)

- mise en place de protection plastique (film, sachet) sur les objets usuels (pulvérisateur, lampe etc…)

- préparation du matériel après vérification de son bon fonctionnement et de son bon état

- mise en place de protection plastique sur le/les machines ainsi que sur le câble d’alimentation

- si nécessaire : préparation d‘un gobelet à usage unique remplit d’eau propre pour le rinçage des buses entre 2 couleurs

- lavage des mains avec un savon antiseptique (30 secondes) et/ou friction avec un gel hydro alcoolique (suivre le protocole)

- désinfection de la zone cutanée à tatouer

- séchage

- rasage à sec de la zone (risque de micro coupures trop élevé sur peau humide)

- désinfection de la peau

- réalisation du motif ou dessin au feutre chirurgical

- vérification de l’emplacement en station verticale

- remplissage des caps d’encre

- lavage des mains avec un savon antiseptique et/ou friction avec un gel hydro alcoolique (suivre le protocole)

- port des gants ; à changer au moins toute les ½  heure, désinfection des mains par lavage ou friction à chaque retrait des gants

- réalisation du tatouage

- tri sélectif des déchets souillés et conditionnement dès la production

- nettoyage et désinfection de la zone tatouée

- application de désinfectant sur le tatouage (pendant 5mn)

- nettoyage et application d’une pommade antiseptique ou d’un corps gras et recouvrir d’une compresse non tissée ou d’un essuie tout ; ou application d’un film polyuréthane  (dispositif médical).

 

 

146.  LES CONSIGNES DE SOINS POUR LE TATOUÉ

 

Cicatrisation par application de crème ou pommade :

-  se laver soigneusement les mains, sécher avec un essuie-main

-   ôter le pansement, au besoin l’humidifier pour un retrait aisé

-   laver soigneusement le tatouage avec un savon neutre (sans parfum)

-  sécher en tamponnant avec un essuie tout ou compresse non tissée, ne jamais utiliser de gant ou serviette de toilette

-  appliquer plusieurs fois par jour une pommade désinfectante, antiseptique, décongestionnante et cicatrisante, protégez avec une compresse non tissée ou un essuie tout.

-  ne pas arracher les croûtes qui se forment, re-appliquez de la pommade

-  la chute naturelle de toutes les croûtes annonce la fin de la cicatrisation, appliquer une crème hydratante

-  avertir sur les risques infectieux dus aux bains, piscine, sauna, hammam, plage, soleil.

 

 

Cicatrisation en milieu humide

La cicatrisation en milieu humide par l’application d’un film polyuréthane (dispositif médical) est d’une plus grande rapidité, évite beaucoup de risque allergène, est plus confortable et moins astreignant ; en outre cela autorise les bains, piscine, plage ; pour le soleil se renseigner auprès du fabricant.

En cas d’exsudation importante (écoulement sanguin et lymphatique) ou de rejet d’encre important fuyant à l’extérieur du pansement:

-    se laver soigneusement les mains

-  ôter le film en l’étirant parallèlement à la peau (comme si vous vouliez l’agrandir)

-  rincer délicatement à la main le tatouage à l’eau courante

-  sécher soigneusement le tatouage et son pourtour en tamponnant avec un essuie-tout ou une compresse non tissée

-  réappliquer un film polyuréthane, à renouveler tout les jours ou selon les consignes du fabricant

-  en général, la fin des « démangeaisons » signifie la fin de la cicatrisation, environ 7 à 10 jours.

-  ôter le film et appliquer une crème hydratante

 

 

147.  LES PRÉCAUTIONS À PRENDRE

en cas de malaise vagal : allongez la personne sur le dos, surélevez les pieds,  ventilez la.

- en cas d’hypoglycémie : suivre la même procédure qu’en cas de malaise vagal et  donnez lui quelques friandises, du sucre ou/et une boisson sucrée. Attention aux personnes diabétiques : hypo ou hyperglycémie ?

- veillez à suivre le protocole d’hygiène pour le port et le retrait des gants 

- interdiction de prendre l’essuie-tout par le rouleau : à manipuler feuille par feuille.

- lors du remplissage du caps d’encre, veillez à ne pas mettre en contact le flacon et son pigment avec le caps. Il conviendra d’assurer régulièrement un bio nettoyage de tous les flacons d’encres.

- tri sélectif des déchets et conditionnement à l’issue de la production, avec distinction des déchets d’activité à risque infectieux potentiel (souillés par le sang) dans le container approprié normalisé de couleur Jaune ou Rouge et des déchets d’ordre ménager dans un sac poubelle normalisé de couleur Bleu ou Noir.

-  veillez à ne pas dépasser la limite de remplissage du container de déchets d’activité à risque infectieux ainsi que du collecteur d’objets tranchants/piquants. La limite de remplissage est stipulée, à défaut au 2/3 de sa capacité.

-  veillez à ne pas dépasser la date limite d‘utilisation stipulée sur les flacons d’encre.

-  veillez à ne pas dépasser la date limite d‘utilisation ainsi que le bon état des emballages du matériel stérile : une étanchéité absolue est obligatoire pour assurer la conservation de l’état stérile.

-  Lors de la pose d’un « stencil/calque », veillez à utiliser une mise en oeuvre à usage unique, un essuie-tout humidifié de solution moussante pour la désinfection de la peau sera plus approprié que l’utilisation de « stick » de déodorant ou autre produit similaire. Tous les dispositifs ne pouvant être désinfectés et qui sont soumis à un usage commun multiplient le risque d’infection croisée.

 

- L’élimination des déchets à risque infectieux :

-   le stockage des déchets à risque infectieux doit se faire en dehors du poste de travail.

-  la durée légale entre la production du déchet et son incinération pour une quantité inférieure   ou égale à 5 kg ne peut excéder 3 mois.

-  la collecte des déchets: se renseigner auprès de l’ARS ou de la Préfecture, sur les prestataires agrémentés et les accords en vigueur sur le lieu géographique.

- lors de la prise en charge des déchets à risque infectieux et du collecteur d’aiguilles en vu d’incinération par un prestataire agrémenté,  conservez pendant 3 ans le bordereau de dépôt afin d’en assurer la traçabilité.

 

 

PROTOCOLE  D’HYGIÈNE  POUR  LE  PORT  ET  LE  RETRAIT  DES  GANTS

Le port de gant d’examen nécessite malgré tout des mains propres et désinfectées par savonnage ou friction avec un gel hydro-alcoolique. Le port de bijoux est prohibé.

Les gants doivent être « non-poudré » et changé au moins toutes les ½ h.

La manipulation avec les gants au-delà du matériel nécessaire au tatouage est proscrite.

 

protocole de retrait des gants

 

148.  L’ A.E.S  (Accident Exposant au Sang)

 Le risque :

La piqûre pendant l’acte ou pendant la manipulation des aiguilles : leur retrait de la machine ou  la mise en collecteur (l’usage d’une pince spécifique est préconisé).

 

La conduite à tenir:

- faites saigner abondamment   le point de piqûre  sous l’eau courante

- préparez sur l’instant une solution à base d’eau de javel  diluée à 1/10

- laissez tremper le point de piqûre pendant au moins 10mn dans la solution

- dirigez vous vers un lieu de soins : hôpital, dispensaire, clinique…

- Signalez un AES = l’obligation de réaliser une analyse de sang dans les 4h00.

- Précisez si la personne que vous étiez en train de tatouer a une pathologie, cela accélérera la mise en place d’un protocole de soin si nécessaire. 

 

 

149.  L’APRÈS-TATOUAGE

Le matériel :

- démonter de la machine les aiguilles, buse, manchon, aussitôt après usage

-  jeter les faisceaux (tiges et aiguilles) dans le collecteur adéquat

- jeter les buses et manchons à usage unique (matériel souillé à jeter dans le container de déchets à risque infectieux)

 

En cas d’usage de matériel recyclable :

- tremper le matériel recyclable dans un produit pré désinfectant, aussitôt après usage, rincer à l’eau courante

- nettoyer et pré désinfecter le matériel recyclable avec le liquide approprié dans un bac à ultrason, rincer à l’eau courante

- stériliser selon le protocole ou désinfecter selon le protocole pour le matériel thermo-sensible

- nettoyer systématiquement le matériel, le fauteuil et le plan de travail avec un détergent/désinfectant de surface, ainsi que toutes taches ou projections environnantes.

 

Le tatouage :

Le travail du tatoueur ne s’arrête pas à la réalisation du tatouage.

En effet, de part son expérience et parce qu’il a une expertise, il doit en assurer le suivi, notamment pendant la phase de cicatrisation, en vérifier le résultat et éventuellement y apporter les retouches  nécessaires pour répondre à l’attente initiale.

 

La réalisation d’un tatouage requiert une connaissance des risques réels encourus et  en conséquence l’application d’une rigueur essentielle et adaptée. Une « démarginalisation » de l’art intradermique ne peut se faire sans une transparence de l’acte : sa pratique et sa technique.

Une formation en hygiène sanitaire par des professionnels de santé et l’élaboration d’un protocole adapté pour la réalisation d’un tatouage, acte à risque infectieux potentiel, permet aux néophytes d’avoir la garantie d’une prophylaxie en conséquence.

Parce que, au-delà de l’acte, il y a la perpétuation d’une démarche millénaire !!!